Éduquer

Pour tendre vers moins de sexisme, nous devons aussi adapter l’éducation de nos jeunes. Voici quelques bonnes habitudes à prendre.

Les compliments :

Ne restreignez pas les filles à être jolies et les garçons à être forts.
Les filles auront la pression de devoir être jolie et risquent de souffrir de complexes. Qui plus est elles peuvent s’interdire d’être fortes, intelligentes etc. Les garçons auront la pression de devoir toujours être fort, performants, et ils peuvent mal vivre leurs échecs ou même leur sensibilité.

Oh les amoureux :

Utilisez le terme “ami-e” au lieu de coller l’étiquette “amoureux-se” dès que votre enfant joue avec un enfant du sexe opposé. Ainsi, ils apprendront que toute relation mixte n’est pas systématiquement romantique. Notamment les garçons cesseront peut être d’envisager toute femme comme une compagne potentielle.

Le consentement et la sexualité :

Il n’est jamais trop tôt pour évoquer le consentement. Vous pouvez commencer par pousser votre enfant à se demander si son camarade de jeu est d’accord pour prêter son jouet, l’encourager à faire preuve d’empathie : “et si c’était toi, tu aimerais qu’on te fasse ça ?”.
La sexualité n’a pas à être un tabou, mais le discours doit bien entendu être adapté à l’âge de l’enfant.

Arrivé à la préadolescence, il est important de reparler d’éducation sexuelle pour éviter que des sources moins fiables ne soient leurs références… Prenez le temps d’expliquer comment se passe la sexualité du sexe opposé également et insistez bien sur le respect et le consentement : “non, c’est non” et bannissez le “qui ne dit mot consent”.

Pour éviter qu’ils ne précipitent les choses, rassurez votre garçon sur le fait que sa valeur ne dépends pas de la perte de sa virginité et du nombre de ses conquêtes.
Expliquez aussi à votre fille la différence entre attirance physique et sentiments amoureux. Actuellement, elles ont tendance à se croire amoureuses à tors, car c’est socialement plus acceptable que d’avoir des désirs.

Toutefois, interdire les rapports sexuels n’est pas réaliste. S’ils ont décidé de franchir le pas, ils le feront. En retenant des informations et en refusant d’accepter leur partenaire, vous risquez de juste les pousser à agir par provocation, culpabilisés, mal informés et dans des conditions déplorables. Le mieux à faire est de bien informer vos enfants pour qu’ils se protègent, qu’ils se respectent mutuellement et de leur proposer un cadre sécurisé.

Les comportements :

Les attentes sont rarement neutre entre les filles et les garçons.
On va plus facilement laisser un garçon courir, crier, se bagarrer… Elle, on la poussera à être douce, discrète, soigneuse…
Naturellement le garçon apprendra à occuper l’espace physique et sonore, s’asseyant jambes écartées et parlant fort, prenant le devant de la scène. De son côté, la fille sera reléguée à la sphère privée, introvertie et soumise.
Les garçons sont souvent moins encouragés que les filles quant il s’agit de s’occuper d’eux même ou d’aider au domicile. Les mères ont souvent tendance à les assister davantage, pour s’habiller par exemple.

Des modèles féminins :

Les peluches sont souvent nommées au masculin, or elles peuvent être neutres ou féminines.
Dans les livres, veillez à ne pas avoir que des héros et des princesses qui ne savent pas se débrouiller seule.
Nous vous proposerons bientôt une liste d’ouvrage coups de cœur !

Les études :

Ne laissez pas entendre aux filles qu’elles ne sont pas douées pour les sciences par exemple. Elles ont autant de capacités que les garçons, mais le manque de confiance en leurs capacités peut radicalement les brider.
Laissez vos enfants libres de choisir leur orientation librement, soutenez les même si ce choix est peu courant, comme un garçon voulant devenir sage-femme.

Les activités :

N’imposez ou n’interdisez pas une activité en fonction du genre de votre enfant… Votre fils s’intéresse à la danse et votre fille au judo ? Ce n’est pas grave.  Sachez que votre enfant ne deviendra pas gay parce qu’il a joué avec des objets qui semblent fait pour le sexe opposé.
Le pire qui puisse arriver à un garçon qui joue avec une dînette ou une poupée, c’est de devenir un meilleur conjoint ou père, plus tard.

Genre et orientation :

Nous parlions d’homosexualité juste au dessus. Depuis toujours, environ 5% de la population est homosexuelle, sans aucune raison environnementale ou éducative. On y peut rien, ce n’est pas un choix pour vous embêter et ça ne se soigne pas : ce n’est pas une maladie. Si cela arrive à votre enfant, j’espère que vous arriverez à l’accepter. C’est la seule chose que vous puissiez faire pour son épanouissement.

Quant au genre, si votre enfant semble mal dans sa peau, renier son sexe de naissance… Là aussi, rien ne sert de s’énerver, cela ne ferait qu’accentuer un mal être probablement déjà conséquent. Prenez conseil auprès de personnes compétentes qui pourront vous accompagner pour comprendre ce qui arrive.

Comme une fille :

Pas la peine d’interdire à vos fils de pleurer, c’est une bonne chose d’exprimer et d’apprendre à gérer ses émotions.
Leur dire qu’ils font quelque chose “comme une fille” sous entends qu’ils font mal, que c’est moins bien d’être une fille, qu’elles sont faibles. Ce simple jugement de valeur est lourd de conséquences, dans notre inconscient…

Montrer le bon exemple :

C’est sans doute le plus difficile, mais c’est de loin le plus important !
Essayez de répartir les tâches équitablement entre les différents membres de la famille. Évitez les cloisonnements clichés avec des pères qui bricolent et mères qui récurrent…
N’oubliez pas que s’occuper des enfants n’est pas réservé aux mamans.